En quoi consiste le traitement du syndrome rotulien ?

Cette actualité appartient aux catégories suivantes : Genou

Le syndrome rotulien se traduit par des douleurs au niveau de la face antérieure du genou. Elles sont causées par un mauvais cheminement de la rotule dans la trochlée, sans que cela n’induise de luxation. Le traitement du syndrome rotulien est majoritairement conservateur et la kinésithérapie en constitue la clé de voûte. Ce mode de prise en charge permet une évolution favorable dans environ 95% des cas. Les interventions chirurgicales du syndrome rotulien restent donc rares pour traiter cette pathologie.

 

Syndrome rotulien : définition

Le syndrome rotulien, aussi appelé « syndrome douloureux fémoro-patellaire » (SDFP) est l’un des diagnostics les plus fréquents en cas de douleur antérieure du genou chez l’adolescent et l’adulte. Il représente 25 à 40% de l’ensemble des problèmes de genou en médecine du sport.

Cette pathologie résulte d’un mauvais cheminement de la rotule (« patella » en latin) dans son rail (la trochlée) lors de la mobilisation de l’articulation. Contrairement à une instabilité « vraie » de la rotule, cela ne s’accompagne pas de luxation mais induit néanmoins une compression excessive des facettes patellaires, zones localisées à l’arrière de la patella.

Les causes de cette affection sont diverses. Elles incluent notamment des activités physiques comme la course à pied sur revêtement dur ou en descente, les mouvements de squat, ou encore les métiers qui nécessitent de rester accroupi (carreleur, jardinier…), dans un contexte de déséquilibre entre certains muscles de la cuisse.

Certaines anomalies morphologiques peuvent aussi en être à l’origine, en particulier un mauvais alignement de la rotule, une trochlée insuffisamment creusée ou un mauvais maintien plantaire. Plus généralement, la sédentarité, avec position assise excessivement fréquente, sans être une cause directe, constitue aussi un facteur favorisant.

Les individus atteints se plaignent généralement d’une douleur antérieure de l’articulation, derrière la rotule ou autour de celle-ci. Elle est selon les cas uni ou bilatérale et fluctue en termes de fréquence et d’intensité. Il est par ailleurs très caractéristique qu’elle s’intensifie en position assise prolongée et lors de la descente des escaliers (plus rarement la montée) :  toutes situations qui augmentent la pression de la patella sur le fémur. Lorsque certains de ces symptômes sont ressentis, il convient de consulter un spécialiste du genou pour poser un diagnostic précis et mettre en place les mesures adaptées.  Les Médecins du sport sont les plus à-même de prendre en charge ce type de pathologie de manière spécialisée, mais les Rhumatologue et la plupart des Médecins généralistes sont tout à fait qualifiés. Le recourt à un Chirurgien Orthopédiste est donc très rare en théorie, uniquement sur conseils d’un Médecin du sport devant l’échec d’un traitement non chirurgical.

 

Traitement du syndrome rotulien

Le traitement du syndrome rotulien est dans la grande majorité des cas conservateur et se base sur un programme personnalisé qui inclut un repos relatif pour réduire les contraintes fémoro-patellaires et donc la douleur. L’application locale de froid peut aussi être recommandée lors de poussées inflammatoires avec épanchement.

Par ailleurs, la rééducation avec un kinésithérapeute constitue un point essentiel de la prise en charge. Elle doit être personnalisée, en fonction des plaintes du patient et des résultats de l’examen clinique.  Globalement, elle est axée sur l’amélioration du cheminement patellaire défectueux. D’autre part, la pratique quotidienne d’exercices à domicile est systématiquement recommandée.

L’un des objectifs principaux est souvent le renforcement du quadriceps. Cependant, de plus en plus d’études montrent l’intérêt de ne pas se focaliser uniquement sur le genou, en particulier en renforçant aussi certains muscles de la hanche (moyen fessier).

D’autres mesures accompagnent parfois ces exercices, comme un travail sur la perte de poids et sur l’amélioration de la proprioception des membres inférieurs. Les AINS, souvent prescrits, n’auraient pourtant qu’une efficacité limitée dans cette pathologie, tout comme le port d’une orthèse de genou.

Une infiltration ou une visco-supplémentation peut être proposée au cas par cas, par le Médecin spécialiste (Médecin du sport ou Rhumatologue)

Avec ce traitement, l’évolution est favorable dans environ 95% des cas après mise en place d’un traitement conservateur du SDFP.

Ainsi, le traitement chirurgical du genou est rare mais peut pourtant être envisagé après environ 3 mois de prise en charge conservatrice inefficace. Les options chirurgicales doivent alors être évaluées au cas par cas par le praticien.

Les dernières actualités